« Fear and Desire » était un mythe… jusqu’à hier

Fear and Desire, c’est le tout premier film de Stanley Kubrick, sortit en 1953. Soit  juste après la Seconde Guerre Mondiale. Quel est le problème me direz-vous ? Et bien lorsque le film parle de quatre soldats américains qui essayent de s’en tirer en plein territoire de soldats nazis, c’est un problème ! Surtout lorsque le film est américain !

 
Polémique. Rejet. Refus. Retiré du panorama cinématographique. Détruit. Introuvable. Retrouvé. Restauré.

 
L‘histoire même du film en tant qu’objet est complétement dingue ! Et ce n’est qu’aujourd’hui, après avoir été renié, détruit et introuvable durant des années qu’une restauration fut entreprise sur une vieille copie de la pellicule gardée précieusement. Aujourd’hui donc, on peut retrouver les premiers pas de Paul Mazursky en tant qu’acteur, et bien sûr la toute première mise en scène dirigée par Stanley Kubrick.

Dans Fear and Desire, on appréciera énormément les plans tout en noir et blanc qui sont extrêmement troublants. Des gros plans sur les visages où se mêlent la peur, l’anxiété, le désir, la vengeance, la tristesse… Un panorama complet d’émotions joué par des acteurs de grandes qualités. La beauté des plans très contrastés par le noir et blanc met en avant le travail magique de Kubrick, également directeur de la photographie pour ce film. De plus, le film est bourré de très beaux dialogues et monologues donnant la voix à de belles images…

Ce film, au fond, n’a pas vraiment d’histoire, mais il montre une montagne de sentiments qu’un soldat peut ressentir lorsqu’il est perdu sur un champs de bataille. Sa montée d’adrénaline. Sa folie naissante. Son désir toujours présent.

Fear and Desire est un film plutôt court, seulement 1h00, mais très beau esthétiquement et fabuleusement joué. Une jolie peinture lors d’une guerre des plus affreuses. Et ce qui est le plus marquant, c’est quand on se rend compte que le film a été tourné juste à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, et donc juste après la découverte de l’horreur de cette guerre. C’était très osé pour l’époque, et c’est ce qui entrainera la fin de ce film. Heureusement, l’art ne meurt jamais, et la restauration du film permettra de le voir et de le revoir, actuellement dans certains cinéma et en DVD, dans une très belle qualité. Un dernier point sur ce film concernant la musique. Très forte, elle prend une place très importante, et intensifie les images avec force et puissance et donne ainsi tout son caractère au film.

Un premier grand film qui lancera une grande carrière pour Kubrick.

Kubrick sur le tournage de Fear and Desire…

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