La Joconde et la célébrité

La Joconde, à voir au Louvre, Paris.

La Joconde, c’est ce fameux tableau de Léonard De Vinci peint entre 1503 et 1506 et qui représente le portrait de l’italienne florentine  Mona Lisa. Ce tableau, on l’a vu, et revu, et encore revu, et dupliqué, et redupliqué, et encore redupliqué ! On a vu ce portrait sur des coussins, sur des mugs, sur des t-shirts, sur des crayons, sur des… et des… et d’autres…

BREF ! Cette Mona Lisa c’est une véritable star ! Mais pourquoi ?

Car lorsque vous avez été la voir au Louvre, ne vous êtes vous  pas dis « Mais elle est toute petite… » « Tout ça pour ça… » « J’arrive même pas à la voir, il y a trop de monde ! »

BREF ! Cette Mona Lisa c’est une star, mais franchement, on ne voit pas pourquoi.

Je veux dire, c’est le tableau le plus convoité du monde, le plus cher, le plus en vu, LE symbole d’une époque artistique, de la France aussi. Et pourtant, même si bien entendu c’est un très beau tableau qui montre bien le talent majestueux de De Vinci, des tableaux magnifiques on en a vu d’autre tout aussi égalables en beauté et en savoir-faire (et plus grands et imposants aussi !). Pourquoi les chefs d’œuvres de Picasso comme Guernica, de Renoir avec son Déjeuner des canotiers, ou encore Vermeer avec La dentelière ne sont-ils pas vus comme étant les plus convoités ?

Et bien revenons-en à la véritable histoire de ce tableau, une histoire de médiatisation et de marchandisation de l’art.

En août 1911, la Joconde a été  volée… Découpé du cadre puis roulé, le tableau s’est volatilisé ! Mais comment ? Quand on connait le Louvre aujourd’hui on sait bien que c’est limite s’il n’y a pas de contrôle d’identité à l’entrée ! Alors c’est impensable. Mais il faut savoir qu’à l’époque du vol, les gardiens du Louvre étaient des anciens militaires à la retraite qui s’ennuyaient à mourir, et qui pour s’occuper, aimaient bien boire leur bouteille, et taper un roupillon sur leur chaise de gardien… Alors niveau sécurité, on ne peut pas dire que c’était le top ! Et c’est ainsi que l’italien Vincenzo Peruggia, un vitrier qui participait aux travaux de mise sous verre des tableaux les plus importants du musée, a donc réussi à voler la Joconde, tout en passant par la porte d’entrée, sans se faire avoir.

Une enquête fût alors menée. Pas vraiment d’indices. La police accusa les Cubistes, qui étaient réputés pour critiquer la célébrité de la Joconde, refusant le fait que ce tableau représentait l’aboutissement des recherches du XVème siècle sur le portrait. Le juge d’instruction mit même le poète Apollinaire quelques jours en prison pour complicité de recel de malfaiteur pour avoir fréquenté un voleur belge de statuettes, à savoir qu’Apolinaire avait un jour crié qu’il fallait « brûler le Louvre »… Bref, on se perdait. Picasso a également été longuement interrogé car il avait acheté des statuettes de ce précédent voleur belge, statuettes volées au Louvre.

Au fur et à mesure de l’enqûete, des primes étaient proposées de part et d’autre pour la restitution du tableau. Des sommes astronomiques. Toutes ces propositions de primes n’ont fait qu’augmenter de plus en plus la valeur de la Joconde. C’est donc ainsi qu’on peut expliquer le fait que ce soit le tableau le plus cher du monde.

Aussi les médias ont-ils joué un rôle très important. Un journal a lui même lancé une très grosse prime de restitution pour que le voleur amène le tableau dans les bureaux du journal. Les journaux ont accentué les faits en pleurant la perte, le vol, du plus grand tableau de l’histoire de l’Art. Un fracas médiatique s’est joué autour de la Joconde durant plus de deux ans. La vague médiatique a fait tellement parlé du tableau qu’il fut connu d’un bout à l’autre du globe.

C‘est en Italie que la fugue de Mona Lisa s’acheva. Le voleur, Vincenzo Peruggia, retourna en Italie en décembre 1913 et proposa de vendre le tableau à un antiquaire de Florence. Cet antiquaire, qui ne pouvait pas ne pas être au courant du vol, alerta la police qui arrêta le voleur, qui venait de passer plus de deux ans en compagnie de Mona Lisa. C’est après qu’on apprit que ce n’était qu’une histoire de coeur, d’amour du pays, de patriotisme. Cet italien voulait simplement rendre à l’Italie ce qui lui appartient. L’Italie a toujours accusé la France de lui avoir piqué la Joconde, et c’est Vincenzo Peruggia qui prit les choses en main !

Alors après avoir arrêté le voleur, le tableau fut exposé à Florence et à Rome, pour enfin regagner sa place au Louvre en janvier 1914. Et c’est depuis cette histoire que le tableau est mis sous très haute surveillance au musée. Et qu’il est très cher. Et qu’il est très célèbre.

La Joconde, comme dit précédemment, à été maintes et maintes fois dupliquée à des fins commerciales. Mais elle fut également réutilisée, reproduite, déformée… à des fins artistiques par d’autres artistes comme Warhol, Basquiat, et Duchamp pour les plus connus.

On notera l’œuvre de Duchamp qui répondit à la fameuse question : « pourquoi la Joconde sourit-elle ? » avec son tableau « L.H.O.O.Q » où la Joconde arbore une fine moustache et un bouc. La Joconde sourirait car elle a chaud au cul ! Logique. Merci Marcel. Mais Duchamp présenta son œuvre en mettant L.H.O.O.Q à gauche, et en mettant une reproduction de la vraie Joconde sur la droite en inscrivant en dessous : « L.H.O.O.Q rasée ». Ainsi, l’œuvre de De Vinci a été détournée de façon à ce que la véritable peinture devienne elle-même un détournement de l’œuvre de Duchamp. Si la vraie Joconde porte des moustaches, alors celle de De Vinci est rasée, et donc n’est qu’une autre présentation de la vraie Joconde de Duchamp. Cette œuvre ne présente qu’une idée artistique plus qu’une œuvre plastique elle-même. C’est comme ça que Duchamp fonctionnait, en pensant que l’art c’était d’abord une idée, la mettre en pratique n’était que secondaire, une formalité.

La Joconde volée, la Joconde mise à prix, la Joconde à la une des journaux, la Joconde retrouvée, la Joconde commercialisée, la Joconde réutilisée…

Ce tableau est un succès, un succès plastique, mais également populaire. Il est la preuve que l’art a une part commerciale très importante. Que l’art est source de vague médiatique. Et par sa réutilisation au fil des années, que l’art est toujours actuel.

Marcel DUCHAMP, L.H.O.O.Q., 1919

Michel BASQUIAT, La Joconde, 1983

Andy WARHOL, Mona Lisa, 1963

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